Le mercredi 24 septembre, le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Andrii Sybiha, a participé à la réunion du Groupe des amis pour la responsabilisation de la Fédération de Russie pour son agression.
« Aujourd’hui, défendre le droit international signifie se tenir aux côtés de l’Ukraine. Être un ami de la justice signifie être un ami de l’Ukraine », a déclaré le ministre.
Le chef de la diplomatie ukrainienne a souligné l’importance de créer un Tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine. Il a insisté sur le fait que c’est précisément le sentiment d’impunité qui a poussé Poutine à commettre un nombre croissant de crimes.
« Les criminels de guerre ne doivent pas être protégés de la justice. C’est la justice qui doit être protégée des criminels de guerre », a-t-il affirmé.
Établissant un parallèle avec le passé, le ministre a rappelé la figure du juriste éminent Raphael Lemkin, connu comme l’auteur de la Convention sur le génocide. Il a étudié à Lviv et occupe une place particulière dans l’histoire de l’Ukraine. Selon Andrii Sybiha, il est symbolique que ce soit dans cette ville que le Tribunal spécial pour le crime d’agression ait reçu son aval politique.
« Nous l’avons fait le 9 mai — le jour où la Russie organisait son défilé de la “victoire” à Moscou. Mais la véritable victoire de ce jour-là appartenait à la justice », a-t-il déclaré.
Le chef du ministère des Affaires étrangères a souligné que la guerre de la Russie vise non seulement les personnes, mais aussi la culture et l’identité. Selon lui, plus de deux cents artistes ukrainiens ont été tués, plus d’une centaine de journalistes ont perdu la vie, et des milliers de sites du patrimoine culturel ainsi que d’infrastructures culturelles ont été détruits ou endommagés.
« Ce n’est pas un hasard — c’est un génocide. Et nous ne devons pas avoir peur d’utiliser ce terme juridique. Au contraire, la précision juridique doit guider notre politique. Le génocide, ce n’est pas seulement des meurtres. C’est aussi la destruction de la culture, de la langue et de l’identité. C’est précisément ce que la Russie cherche à accomplir dans son agression contre l’Ukraine », a-t-il souligné.
Le ministre a attiré l’attention sur le fait que, depuis l’invasion à grande échelle, la Russie a attaqué trois des huit sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, ainsi que quatre des vingt-sept sites placés sous protection renforcée.
« Le seul “héritage” de la Russie est une terre brûlée. La Russie ne doit pas siéger au Conseil exécutif de l’UNESCO. Sa place est sur le banc des accusés. Et là où il y a un vide, notre Tribunal le comblera », a martelé Andrii Sybiha.
Selon le ministre, les mécanismes de responsabilisation des criminels doivent évoluer, car ce n’est que dans la mesure où la punition est inévitable que le droit international sera respecté. « Le droit international doit guider la politique. Et il doit être soutenu par la force », a souligné Andrii Sybiha.
Ont également participé à l’événement : le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas David van Weel, le ministre des Affaires étrangères d’Estonie Margus Tsahkna, la vice-première ministre et ministre des Affaires étrangères du Liechtenstein Sabine Monauni, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Luxembourg Xavier Bettel, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Malte Ian Borg, la vice-première ministre et ministre des Affaires étrangères du Kosovo Donika Gërvalla-Schwarz, le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Belgique Maxime Prévot, la ministre des Affaires étrangères de Lettonie Baiba Braže, la ministre des Affaires étrangères de Roumanie Oana-Silvia Țoi, le ministre des Affaires étrangères et européennes de Slovaquie Juraj Blanár, le ministre des Affaires étrangères de Bosnie-Herzégovine Elmedin Konaković, la ministre des Affaires étrangères d’Islande Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, la ministre des Communications et des Sports d’Australie Anika Wells, ainsi que Markiyan Klioutchkovsky, directeur exécutif du Registre des dommages causés par l’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine, et Oleksandra Matviychuk, présidente du Centre pour les libertés civiles.