Cette année, la Russie a intensifié les exécutions de prisonniers de guerre ukrainiens. Actuellement, l’Ukraine enquête 49 affaires pénales impliquant le meurtre de 124 d’entre eux. Selon l'ONU, 95 % des prisonniers de guerre ukrainiens ont été torturés en captivité russe.
C'est ce qu'a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, lors de son discours à la réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée aux 1000 jours de résistance du peuple ukrainien à l'agression russe à grande échelle.
Le chef du ministère des Affaires étrangères a souligné que l'une des conséquences les plus cruelles de cette guerre sont les crimes de masse contre les enfants. Il a ajouté que la Russie non seulement tue des enfants ukrainiens, mais qu’elle leur enlève également leur avenir.
"L'un des crimes les plus terribles de cette guerre sont les crimes commis contre les enfants ukrainiens. La Russie a volé une enfance normale à chaque enfant ukrainien. Au moins 659 enfants ont été tués par la Russie depuis 2022 – et ce chiffre continue d’augmenter. Tel est le prix de la guerre. Laissez-moi être honnête. Pour nous en Ukraine, peu importe où un enfant souffre – en Ukraine, au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie ou n’importe où dans le monde. Aucun enfant ne devrait souffrir de la guerre", a souligné le ministre.
Andrii Sybiha a également déclaré que des milliers d'enfants ukrainiens étaient devenus les otages de l'agression russe, subissant une russification violente et perdant le contact avec leurs familles. Le chef du ministère des Affaires étrangères a rappelé que ces actions constituent simultanément une violation de plusieurs conventions internationales.
"L'expulsion forcée d'au moins 20 000 enfants ukrainiens pourrait constituer la plus grande opération d'enlèvement d'enfants de l'histoire. Des milliers d’entre eux restent en Russie. Ils sont soumis à l'endoctrinement, l'acquisition forcée de la citoyenneté russe, l'adoption ou le placement dans des familles russes et même le changement de nom. Ces actions de la Russie violent la Convention sur le génocide, la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant et la Quatrième Convention de Genève", a souligné le ministre.
S'adressant à l'auditoire, le chef du ministère des Affaires étrangères a rappelé l'obligation morale des participants à la Conférence ministérielle sur la dimension humaine à Montréal de restituer les enfants illégalement déportés à leurs familles.
«Je fais la référence à l'Engagement de Montréal adopté par les participants à la récente Conférence ministérielle sur la dimension humaine de la formule de paix. Ils ont promis de faciliter le retour des enfants. J'exhorte tout le monde à se joindre à ce noble effort", a-t-il déclaré.
Andrii Sybiha a appelé la communauté internationale à s'unir pour créer de nouveaux mécanismes de poursuite du crime d'agression. Selon lui, l’ampleur des crimes russes en Ukraine montre que les outils disponibles sont épuisés.
"La liste des atrocités commises par la Russie en Ukraine prouve que les instruments internationaux existants ne fonctionnent pas. Nous avons besoin de nouveaux mécanismes afin de garantir que les responsables du crime d’agression ainsi que tous les crimes ultérieurs soient tenus responsables. Si cela necessite de créer un précédent, créons un précédent. Si cela nécessite de modifier le Statut de Rome, modifions-le. Nous devons agir pour restaurer la paix et la sécurité internationales", a conclu le ministre.