Ce jeudi 4 décembre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a participé à la session plénière du Conseil ministériel de l'OSCE à Vienne et s'est adressé aux participants lors de son premier discours.
«En cette année qui marque le cinquantième anniversaire de l’Acte final de Helsinki, il est temps de parler franchement de l’état réel de la sécurité et de la coopération en Europe. Il est temps d’agir pour les rétablir», a déclaré le ministre.
Le ministre des Affaires étrangères a rappelé que l'année dernière, son discours avait débuté par ces mots: «L'Ukraine saigne.» Malheureusement, son intervention cette année à la 32e session du Conseil ministériel de l'OSCE commence de la même manière. Le ministre a appelé tous les partenaires à tout mettre en œuvre pour finir la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine.
«Il faut s’attaquer aux problèmes, et non les ignorer. Cette guerre est plus proche qu’on ne le croit. Vienne est plus proche du front que certaines autres capitales européennes. Il ne faut pas se faire d’illusions. Tant que l’Ukraine souffrira, personne ici ne se sentira en sécurité», a-t-il déclaré.
Le ministre des Affaires étrangères a souligné que la partie ukrainienne saisirait la moindre occasion pour mettre fin à la guerre. S'il existe une chance de parvenir à la paix par la voie des négociations, elle doit être la principale.
«Nous savons aussi que la paix doit être durable. Et la sécurité doit être garantie – par une force réelle et de véritables garanties. La sécurité doit être la base de tout le reste», a-t-il souligné.
Andrii Sybiha a fait remarquer qu'aujourd'hui la Russie refuse de mettre fin à son agression contre l'Ukraine, et que demain elle ne cessera pas de tenter d'étendre son agression contre l’Europe.
Le ministre des Affaires étrangères a attiré l'attention de ses homologues européens sur les nombreuses atrocités et crimes de guerre commis par la Russie. Il a déclaré que l'OSCE pourrait jouer un rôle important pour garantir que les responsables russes de ces crimes soient tenus de rendre des comptes.
La partie ukrainienne appelle à un recours accru à tous les mécanismes de l'OSCE pour documenter, dénoncer et condamner les crimes russes. «Il est également temps de réfléchir au rôle que l'Organisation peut jouer dans la période d'après -guerre», a souligné le ministre.
Le ministre des Affaires étrangères a exprimé sa gratitude aux États-Unis d'Amérique et aux partenaires européens pour leur soutien et leur contribution au processus de paix.
Andrii Sybiha a rappelé que, par le passé, l'Europe avait conclu trop d'accords de paix inéquitables qui n'avaient fait qu'engendrer des catastrophes encore plus graves. Il a souligné que, dans ce contexte, il est primordial de réaffirmer l'engagement envers le Acte final de Helsinki dans le cadre des efforts visant à rétablir une paix juste en Ukraine.
Le ministre a souligné qu'au cours de derniers mois seulement, la Russie a subi quatre défaites majeures lors d'élections aux Conseils executifs de l'OACI, de l'UNESCO, de l'OIAC et et de l'OMI. Selon lui, rien ne permet de croire que la Fédération de Russie puisse être un partenaire de l'OSCE.
«Les pays du monde entier ne considèrent pas la Russie comme un partenaire dans la résolutions des problèmes mondiaux. Car Moscou est elle-même à l’origine de ces problèmes», a souligné le ministre des Affaires étrangères.
Le ministre ukrainien a souligné qu'en cinquante ans, depuis la signature de l'Acte final de Helsinki, la situation en Europe a radicalement changé. Il a confirmé l'urgence pour l'OSCE de s'adapter aux nouvelles réalités et a noté que la réforme de l'Organisation, proposée par l'Ukraine l'année dernière, reste à l'étude.
«Les générations futures nous observeront aujourd’hui. Si nous voulons qu’elles jugent nos actions équitablement, nous devons agir maintenant. Agir pour parvenir à une paix véritable, juste et durable – pour l’Ukraine et pour toute l’Europe», a souligné le ministre.
Enfin, le ministre des Affaires étrangères a réitéré sa demande de libération des trois employés de la Mission spéciale d'observation de l'OSCE détenus illégalement, Maksym Petrov, Vadim Golda et Dmytro Shabanov. Il a également remercié tous les ministres qui avaient,eux aussi, demandé leur libération lors de la réunion.