Pendant mille jours, l'Ukraine résiste à l'agression armée à grande échelle de la Fédération de Russie et mène une lutte déterminée pour sa liberté, son statut d'État, son intégrité territoriale et la possibilité de se développer et de construire librement son avenir.
Pendant cette période, nous sommes devenus des témoins du véritable courage des défenseurs de l'île de Zmiiny, de l'héroïsme des défenseurs d'Azovstal, de Bakhmut et d'autres villes, du travail inlassable des volontaires, de la volonté sans précédent de l'armée et des civils ukrainiens de défendre chaque morceau de terre ukrainienne.
Dans le même temps, le monde entier a été choqué par les terribles crimes commis par l'armée russe à Bucha, Yagidny, Irpen, Izyum, Marioupol et dans d'autres villes ainsi que la destruction de barrage hydroélectrique de Kakhovka, les tirs sur des prisonniers de guerre et des civils ukrainiens, la destruction délibérée de bâtiments résidentiels, d’écoles, d’hôpitaux et d’autres infrastructures civiles.
La plus grande guerre d'agression commencé par la Russie sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale a détruit le système de sécurité international.
Pendant mille jours, impressionnant le monde par sa résilience, le peuple ukrainien continue de résister résolument à l’agresseur au nom d’un avenir indépendant, libre de la coercition de la dictature du Kremlin.
En exerçant son droit à la légitime défense fondé sur l'article 51 de la Charte des Nations Unies, l'Ukraine a libéré plus de la moitié des territoires occupés depuis le début de l'invasion à grande échelle, détruit des centaines de milliers de soldats de l'armée d'occupation, des dizaines de milliers de équipement militaire et poursuit la lutte pour la libération des parties temporairement occupées de la République autonome de Crimée, de la ville de Sébastopol, des régions de Donetsk, de Zaporizhzhia, de Luhansk et de Kherson.
Malgré une guerre à grande échelle, l'Ukraine se dirige vers l'adhésion à l'UE et l'OTAN, met en œuvre les réformes importantes, garantit la stabilité macroéconomique et maintient l'unité de la société dans ce chemin, y compris de tous nos citoyens à l'étranger. Nous travaillons afin de créer les conditions de leur retour chez eux.
L’invasion militaire russe s’accompagne de violations massives du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Les forces d’occupation russes commettent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, tuent des civils, torturent et exécutent des prisonniers de guerre. Les civils ukrainiens vivent dans des conditions d’attaques constantes de bombes aériennes guidées, de missiles et de drones de divers types de production russe, nord-coréenne et iranienne.
La Russie mène une guerre hybride non seulement contre l’Ukraine, mais aussi contre le monde entier, utilisant la nourriture, l’énergie et d’autres ressources comme les armes. La Russie mène des campagnes de désinformation et des cyberattaques à grande échelle, tente de manipuler de l’opinion publique, semant le chaos et la division dans les sociétés démocratiques.
L’invasion à grande échelle de la Fédération de Russie en Ukraine a prouvé l’urgence de combiner les efforts des États démocratiques pour contrer des nombreuses tactiques hybrides de la Fédération de Russie.
La terreur quotidienne de la Russie prouve que la pression actuelle sur le pays agresseur n’est pas suffisante. L’Ukraine a besoin de pouvoir frapper des cibles militaires sur tout le territoire de la Fédération de Russie. La Russie ne comprend que la force.
La Fédération de Russie poursuit ses attaques délibérées contre le système énergétique ukrainien. Nous appelons les partenaires internationaux à aider l'Ukraine à renforcer le bouclier aérien pour protéger les objets énergétiques critiques, et les organisations humanitaires internationales à répondre aux actions criminelles de la Fédération de Russie contre les civils.
Il est également important de renforcer la pression des sanctions, en particulier sur les secteurs clés de l’économie russe, afin de priver la Fédération de Russie des opportunités et des ressources nécessaires pour la production d’armes et d’équipements militaires utilisés pour poursuivre la guerre.
L’Ukraine ne se soumettra jamais aux occupants et l’armée russe sera punie pour avoir violé le droit international.
La Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt contre le dictateur Vladimir Poutine et la commissaire russe aux droits de l'enfant Maria Lvova-Belova pour expulsion et transfert illégaux d'enfants ukrainiens, qui constituent un crime de guerre. La Cour pénale internationale a également émis des mandats d'arrêt contre l'ancien ministre de la Défense de la Fédération de Russie Sergueï Choïgou, le chef d'état-major général de l'armée russe Valéri Gerasimov, l'ancien commandant de l'aviation russe à long rayon d'action Serhii Kobylash et l'ancien commandant du Flotte de la mer Noire de la Fédération de Russie Viktor Sokolov en raison de leur implication dans la commission de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.
Nous appelons les États membres du Statut de Rome à respecter leur obligation de coopérer avec la CPI et la nécessité d'assurer l'arrestation du criminel de guerre Vladimir Poutine et de ses complices, contre lesquels la CPI a émis des mandats d'arrêt.
Nous comptons également sur l'obtention de résultats dans les travaux visant à créer un Tribunal spécial concernant le crime d'agression contre l'Ukraine afin de traduire en justice les plus hauts dirigeants politiques et militaires de la Russie pour le crime d'agression contre l'Ukraine - un crime qui est la cause profonde de tous les autres crimes internationaux.
La Cour internationale de Justice des Nations Unies dans une affaire concernant des accusations de génocide au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide (l’Ukraine contre la Russie), initiée par l'Ukraine le deuxième jour après l'invasion à grande échelle, a rendu le premier jugement provisoire en faveur de l'Ukraine, reconnaissant sa compétence pour etudier cette affaire.
En outre, la Cour internationale de Justice des Nations Unies a rendu une ordonnance sur l'application de mesures temporaires, qui oblige la Russie à cesser les opérations militaires qui ont débuté le 24 février 2024. La Russie continue de violer cet ordre juridiquement contraignant.
L’agression russe n’a pas seulement touché l’Ukraine. Le chantage nucléaire actuel de la Fédération de Russie, la saisie de la ZNPP et les attaques contre des infrastructures critiques, dont dépend le fonctionnement sûr des centrales nucléaires ukrainiennes, mettent le monde entier en danger.
Mille jours d’invasion russe ont entraîné une aggravation de la crise alimentaire dans le monde. Les attaques aveugles contre les ports ukrainiens, les navires civils et l'exploitation minière des champs agricoles ont un impact négatif sur des millions de personnes qui se trouvent en dehors de l'Ukraine. Le monde est devenu l’otage des ambitions impérialistes de la Russie, qui utilise délibérément la nourriture comme une arme. Malgré la terreur russe, l’Ukraine reste l’un des principaux garants de la sécurité alimentaire mondiale.
L'environnement est également devenu une victime de la guerre. Les émissions dans l'atmosphère, la pollution des terres et des rivières, les dommages irréparables à la biodiversité, la destruction de barrage hydroélectrique de Kakhovka ne sont que quelques-uns des nombreux exemples de l'impact de l'agression sur l'environnement. L’héritage toxique des actions criminelles de la Fédération de Russie se sent egalement en dehors des frontières de notre pays. C'est pourquoi la question de la sécurité environnementale figure parmi les priorités importantes sur lesquelles travaille la partie ukrainienne dans le cadre de la mise en œuvre de la formule de paix, en particulier afin de renforcer les mécanismes de protection de l'environnement existants en temps de guerre.
Nous sommes reconnaissants envers nos partenaires pour toute l’aide militaire, financière, économique et humanitaire fournie. Nous vous invitons à poursuivre et renforcer votre soutien. La restauration de la stabilité mondiale et la sécurité commune sans la restauration de l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine est impossible.
Nous appelons nos partenaires à renforcer leur aide à l'Ukraine, en particulier pour renforcer le bouclier aérien afin de protéger les objets énergétiques critiques cruciales; à une participation active à la restauration et à la reconstruction de notre État; une réponse plus active aux actions du Kremlin, qui mettent en danger le fonctionnement des objets nucléaires ukrainiennes; la condamnation et à l'enquête sur les crimes commis par la Fédération de Russie contre des civils ukrainiens; les réfus des contrefaçons sur la base desquelles la Russie tente de blanchir ses crimes de guerre.
La Fédération de Russie ne se montre pas prête à mettre fin à la guerre. Au lieu de cela, elle renforce sa coopération avec l’Iran et la Corée du Nord. Téhéran fournit à la Fédération de Russie des drones et d'autres moyens de soutien, et la Corée du Nord est effectivement entrée dans la guerre aux côtés de la Russie, envoyant un contingent militaire pour la participation aux hostilités en Ukraine en plus des obus d'artillerie et des missiles précédemment transférés.
L’interaction approfondie de ces trois régimes démontre que l’agression russe contre l’Ukraine constitue une menace mondiale qui déstabilise l’Europe, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient. Cela nécessite une opposition mondiale.
Le Président ukrainien a proposé le Plan de la Victoire, dont la mise en œuvre obligera la Fédération de Russie à mettre fin à son agression et établir une paix juste. Nous appelons nos partenaires à soutenir notre lutte, contribuer à la mise en œuvre du Plan de la Victoire et la réalisation d'une paix globale, juste et durable pour l'Ukraine, l'Europe et le monde entier.
Nous appelons les partenaires internationaux à s’unir autour de la mise en œuvre de la Formule de paix, qui est une vision globale unique pour mettre fin à la guerre et établir une paix globale, juste et durable. Ce qu’il faut, c’est la paix par la force, et non l’apaisement.